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L’été est là et bien là. L’activité professionnelle va tourner au ralenti et vous avec.

Il est fort probable que vous pensez à vos prochaines vacances, peut-être même que vos valises sont déjà bouclées, le GPS programmé, vous voilà prêt à affronter, dans la bonne humeur, les embouteillages des grandes migrations estivales à moins que votre choix, cette année, ne se soit reporté sur le « rien faire chez soi »… Fermez les yeux, imaginez votre bien-être de ne rien faire d’autre que de suivre vos envies du moment : farniente au bord de l’eau, ballades, faire un peu de sport, dessiner ou peindre, lire, revoir des amis,… vous savez, toutes ces petites choses ou grand projet que vous vous êtes promis de faire cette fois-ci.

Mais vous êtes parent et être parent c’est du temps plein ! Pas de trêve estivale, pas de « trêve des confiseurs ». Mais vous êtes parent et être parent c’est du temps plein ! Pas de trêve estivale, pas de « trêve des confiseurs ». Une belle expression apparue en 1875 quand les monarchistes, bonapartistes et républicains ont décidé d’un commun accord qu’en période de fin d’année, il fallait savoir alléger les débats passionnés et ne pas poser de questions irritantes pour vivre une période de paix et se donner des « vacances ». N’est-ce pas là une petite anecdote historique que l’on aimerait inculquer à nos enfants et ados chéris !

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ce qui me concerne, il n’y a pas véritablement de break dans ma vie de papa, même en été …

Souriez-vous êtes parent ! Pour vous en parler, rien de mieux que de donner la parole à un expert. C’est là une nouveauté que j’ai plaisir à vous annoncer. J’ai la chance d’avoir pour amis et partenaires des professionnels de grande qualité. Ils ont accepté d’écrire de temps en temps, des articles sur mon blog et je les en remercie encore vivement. Nous avons une vision identique de la performance et nous nous accordons sur la définition donnée dans ma lettre en janvier 2014: « La performance durable c’est avoir la capacité à savoir conduire ses projets et objectifs en s’appuyant sur la préservation de sa santé et de son équilibre psychique pour son propre bien-être et celui de ses proches. »

En cette période estivale où, en prime, une canicule nous cloue au sol et nous fait transpirer plus qu’il ne faut, il m’a paru intéressant d’inaugurer cette nouvelle rubrique « Le regard des experts », sous l’angle de la parentalité. Car être parent, c’est bien souvent avoir le sentiment de devoir être performant dans toutes les situations que nous créent nos bambins (petits, moyens et grands). Nos émotions luttent avec notre lucidité. Et comme très souvent en ce cas, notre imaginaire émotionnel en sort gagnant !

Marie-Aude Iochem, consultante en accompagnement de la parentalité, formée à l’Ecole des Intelligences Relationnelle et Emotionnelle (EIREM), vous décrypte (ci-après) ce stress parental qui nous concerne tous dès lors que nous nous sentons responsable d’un proche, qui plus est de nos enfants.

Nous nous retrouverons en septembre.

D’ici là portez vous bien, savourez chaque instant de détente comme un moment unique et si un stress désagréable vous surprend, revenez à la règle des 3R en guise de self défense.

Philippe Leclair

 


 

Prochaines formations

  • « Entrez dans la haute performance »: 1er et 2 octobre 2015 (il ne reste que 3 places !), puis les 28 et 29 janvier 2016
  • « Gestion du stress et prévention du burn out » les 12 et 13 novembre 2015
 

 
 

SOURIEZ, VOUS ÊTES PARENT…

La fin d’année scolaire est enfin là et nous sentons, en tant que parents, un peu de pression se relâcher. Cette pression qu’exerce sur nous, tout au long de l’année, au rythme des bulletins scolaires trimestriels, examens et choix d’orientation, la scolarité de nos enfants, avec ses hauts, ses bas, ses réussites et ses difficultés. En effet, la scolarité représente un important facteur de stress pour nous parents, alors que, à y bien réfléchir, nous ne sommes pas les premiers concernés …

Avant tout, le fait d’être parent est indéniablement source de beaucoup de joie, de grands et de petits bonheurs, de satisfactions, de fierté, d’amour partagé. Mais c’est également vivre au quotidien des situations et des sentiments extrêmement pénibles: fatigue, désordre, bruits, contraintes apparemment sans fin, disputes. C’est rencontrer de multiples occasions de se sentir pris au piège, furieux, accablé, blessé, impuissant, désemparé, stressé …. Etre parent c’est aussi devoir se montrer responsable comme on ne nous l’avait jamais demandé jusqu’alors.

Etre parent est un véritable travail qui se révèle éprouvant sur les plans physique, psychologique et émotionnel. A ce travail essentiel, aux implications non moins essentielles, se rattache un type de stress spécifique mais méconnu. La psychologue Violaine Guéritault, auteur d’un livre sur ce sujet le qualifie même de « problème sans nom ». En effet, les facteurs de stress propres aux responsabilités parentales sont nombreux mais passés sous silence. Il est du coup vraiment essentiel pour un parent de:

  • Prendre conscience, sans culpabilité, du stress chronique qu’il vit, justement parce qu’il est parent !
  • De disposer de ressources pour gérer ce stress afin d’éviter l’épuisement parental et l’altération du lien avec son enfant ou son adolescent

Etape 1: Je prends conscience de mes facteurs de stress de parent

Etre parent est bel et bien un « métier » hautement stressant. Les sept facteurs de stress qui, en entreprise, ont été repérés comme pouvant mener au « burn out » , s’ils sont cumulés ou se poursuivent dans la durée, sont tous transposables à la fonction parentale.

Vous les connaissez peut-être dans le cadre de votre activité professionnelle, mais avez-vous fait le lien avec votre quotidien de parent ? Probablement non tant, la parentalité est considérée comme une pratique évidente, allant de soi, alors que c’est loin d’être le cas. Les situations suivantes vous parleront, j’en suis certaine.

 

  1.  La surcharge de travail est le premier « stresseur » que rencontre tout parent. Nous nous attendons à davantage de travail avant la naissance de nos enfants et faisons, en règle générale, face avec énergie, motivation et plaisir. Pourtant, avions-nous vraiment anticipé cette surcharge de travail sur le long terme ? Le fait que nous serions « de garde » 24h/ 24, 7 jours / 7, 365 jours / an quelles que soient les circonstances, pendant un nombre d’années indéterminé et sans possibilité de démissionner …Et qu’il nous faudrait donc revoir nos habitudes, notre organisation, nos priorités, nos envies, pour concilier vie personnelle, familiale et professionnelle. Probablement non ou du moins pas à ce point .
  2. L’absence de contrôle sur les situations rencontrées par nos enfants, et sur nos enfants eux-mêmes. En tant qu’humain, nous avons besoin de sentir que nous exerçons un certain pouvoir sur ce qui nous arrive, au travail ou dans la vie en général. Hors les situations sur lesquelles un parent a peu, voire aucun, contrôle sont multiples. Nous voudrions, et c’est normal, pouvoir protéger notre enfant de tous les aléas de la vie mais c’est tout simplement impossible ! Prenons par exemple la scolarité évoquée en début d’article. Nous souhaitons, tous et toutes, que notre enfant réussisse ses études. Certes, et c’est fondé. Mais cela relève de son contrôle à lui, non du nôtre. Si nous sommes insuffisamment conscients de cette réalité nous risquons de nous épuiser à vouloir contrôler …l’incontrôlable.
  3. L’imprévisibilité: Même si vous êtes très organisé, votre nourrisson ou vos enfants plus âgés sauront déstabiliser votre emploi du temps. Quand arrive le soir, un parent qui a passé sa journée avec ses enfants éprouve souvent ce sentiment pénible: « Je n’ai rien fait de ce que je voulais faire de ma journée » … C’est là une source de stress car ce qui est imprévisible puise dans nos réserves d’énergie d’adaptation.
  4. La responsabilité: Sur une échelle de 0 à 10 à combien estimez-vous votre niveau d’exigence personnelle pour « faire votre job » de parent ? N’avez-vous pas, en toute honnêteté, envie d’être un parent (presque) parfait ? Sauf que le parent parfait n’existe pas ! Même si c’est une évidence, je trouve, personnellement, que cela fait un bien fou de se le dire et de se le répéter. Car, inconsciemment, on se met souvent la barre très haut. On peut penser ne pas avoir, ou très peu avoir droit à l’erreur. Ce facteur de stress interne, qui prend la forme d’un discours intérieur négatif du type « je m’y prends mal », « je n’y arriverai jamais », « j’ai encore fait la même erreur », n’est pas à négliger.
  5. Le manque de reconnaissance. Tout travail mérite salaire… Il semblerait que cela ne s’applique pas vraiment au travail de parent. Au quotidien un parent reçoit fort peu de reconnaissance. Tout ce qu’il fait est considéré comme un dû. De plus, il est rarement bien vu de se plaindre: c’est si merveilleux d’être parent d’un adorable bébé ou d’adolescents plein d’énergie…Et vous, est-ce que vous ressentez ce manque de reconnaissance de votre entourage par rapport à tout ce que vous faites en tant que mère ou père ? Quels sentiments négatifs cela génère-t-il en vous (rancœur, désarroi, peine, incompréhension) ?
  6. Le manque de soutien moral ou social. En tant que parent nous avons besoin de lieux spécifiques où trouver de l’information mais aussi simplement de l’écoute, du partage. Le fait de pouvoir extérioriser librement ses craintes, de confier ses doutes, à un proche voire à un professionnel, permet d’éviter de ruminer des idées négatives. La présence et l’écoute d’autrui – sans jugement c’est essentiel ! – est un donc un anti-stress de premier choix. Avez-vous des personnes ou des lieux ressources où vous pouvez vous confier en toute confiance ? Et, de manière générale, y accordons-nous assez de temps et d’importance dans notre monde pressé où « produire compte bien plus qu’éduquer, où faire compte bien plus qu’être »
  7. Enfin, l’absence de formation pratique. Après la naissance de nos enfants nous manquons de formation, d’accompagnement pratique à la parentalité. Certes, nous apprenons avec nos erreurs et peu à peu nous acquérons plus de confiance en nous. Mais cet apprentissage est vraiment stressant car la marche à suivre est mal définie. De plus nous ne sommes pas certains de bien nous y prendre. Et, quand nous avons trouvé nos repères, chaque nouveau stade d’évolution de nos enfants peut nous renvoyer, à la case départ …

 

A cette liste je peux ajouter le manque de sommeil, l’insécurité financière, le regard des autres, les difficultés de communication dans le couple. L’objectif n’est pas de noircir le tableau mais de parler vrai. « Etre parent c’est pas un jeu d’enfant ! »

 Etape 2: après l’information, place à l’action, sans vous mettre la pression, sans ajouter du stress au stress … !

 Vous avez, je l’espère, bien compris que vous n’êtes pas un mauvais parent ! Vous vivez très certainement des situations stressantes indissociables de la fonction parentale (et partagées par tous les parents). C’est une première prise de conscience importante car dé-culpabilisante. A partir de là, vous pouvez trouver et mobiliser vos propres ressources pour gérer ce stress spécifique. D’ores et déjà quelques pistes:

  • Je liste par écrit et par ordre d’importance mes facteurs de stress parental. J’identifie celui ou ceux sur lesquels je veux et peux agir en priorité.
  • A la faveur de l’été, j’approfondis ma réflexion par des lectures ciblées .
    • Violaine Gueritault. La fatigue émotionnelle et physique des mères. Odile Jacob. 2004.
    • Isabelle Filliozat. Il n’y a pas de parent parfait. Editions Marabout 2013.
    • Anne-Marie Filliozat. Dr. Gérard Guasch. Ces petits riens qui changent la vie. Pour aller mieux chaque jour. Albin Michel 2013.
    • Jon et Myla Kabat-Zinn. A chaque jour ses prodiges. Etre parent en pleine conscience. Editions des Arènes. 2012

Et bien sûr n’hésitez pas à me poser une question de clarification, ou plus personnelle, via le blog de Philippe Leclair. J’y répondrai avec plaisir dans les meilleurs délais.

Je vous souhaite un très bel été !

Chaleureusement,

Marie-Aude Iochem, consultante formatrice, accompagnement de la parentalité

vendredi 3 juillet 2015 , par Philippe Leclair  : : Le regard des experts

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