Performant quand tout va bien…. c'est insuffisant.

Pourquoi la vraie mesure d'un manager se lit dans les moments où ça craque ?

Lundi matin, 9h15. La réunion devait durer une heure. Ça fait vingt minutes que deux membres de l'équipe s'affrontent sur un point qui n'était même pas à l'ordre du jour. La tension monte. Tout le monde attend. Vous sentez que la situation vous échappe, pas brutalement, mais progressivement, comme du sable entre les doigts.

Vous connaissez les outils. Vous avez fait les formations. Vous savez théoriquement comment recadrer, désamorcer, reprendre la main.

Mais là, maintenant, sous pression, vous ne les utilisez pas. Pourquoi ?

Ce n'est pas un problème de compétences

C'est le constat que nous faisons depuis des années auprès de dirigeants, managers et professionnels de tous secteurs: ils savent.

Ils ont lu les livres, suivi les formations, coché les cases. Ils peuvent vous expliquer la communication non-violente, les biais cognitifs, la gestion du temps.

Et pourtant, quand la pression monte (une négociation qui se tend, un collaborateur qui craque, un client qui menace de partir) quelque chose lâche. Ce ne sont pas les compétences mais le comportement sous pression. Ce sont deux choses radicalement différentes.

Un chirurgien ne lit pas un manuel au bloc opératoire. Un pilote de ligne n'apprend pas à gérer une avarie le jour où elle se produit en plein vol. ICes professionnels ont été mis en situation. Répétée. Inconfortable. Calibrée pour reproduire exactement ce que le réel leur réserve.

On appelle ça l'entraînement.

Dans le sport de haut niveau, c'est une évidence absolue. Dans le monde professionnel, c'est encore l'exception.

Le vrai test n'est pas la réunion qui se passe bien

Je l'ai vécu personnellement dans le sport de haut niveau d'abord, dans le monde des affaires ensuite. Les moments où j'ai le mieux mesuré mon niveau réel n'étaient pas ceux où tout fonctionnait. C'était les moments où rien ne se passait comme prévu.

Un adversaire plus fort que prévu. Une décision à prendre avec des informations incomplètes. Ou encore ces deux participants en formation, contrariés d'être là (formation imposée par leur hiérarchie) qui distillent leurs apartés négatifs, refusent les exercices pratiques et contaminent progressivement l'ensemble du groupe. Vous maîtrisez votre sujet, vous avez préparé chaque séquence. Mais vous gérez désormais deux niveaux simultanément : tenir le cap pédagogique pour ceux qui sont là pour apprendre et s’entraîner, et contenir ce qui menace de faire dérailler le reste sans que le groupe le perçoive, sans perdre en qualité, sans perdre en présence.

C'est là que se voit la différence entre quelqu'un qui ‘connaît” et quelqu'un qui a “entraîné “ son comportement sous pression.

La nuance est simple à formuler. Elle est longue à construire.

Ce que la formation classique ne peut pas faire

Une salle de formation est un environnement sécurisé, sans enjeu réel, sans pression authentique. Ce qui s'y passe est utile et nécessaire, mais ne prépare pas à rester lucide et décider juste quand ça coince.

Parce que la pression ne s'explique pas. Elle se ressent, elle se reconnaît, elle s'apprivoise.

Ce n'est pas la hauteur qui fait tomber.

C'est le manque de maîtrise comportementale sous pression.

La maîtrise, ça s'entraîne!

Ce n'est pas une question de volonté non plus.

Quelqu'un qui subit régulièrement du stress professionnel intense ne devient pas meilleur par simple exposition répétée , pas plus qu'un nageur qui se noie régulièrement ne devient meilleur nageur!

Ce qui change les comportements, c'est une mise en situation progressive, avec un niveau de difficulté contrôlé, un retour sur ce qui s'est passé, et la répétition suffisante pour que le nouveau comportement devienne le comportement naturel.

C'est précisément ce que nous avons construit chez Stratégie de la Réussite.

Ce que ça change concrètement

Ce n’est pas une méthode de plus, mais une logique d'entraînement appliquée au monde professionnel, avec le même sérieux que celui qu'on exige d'un athlète qui prépare une compétition.

Prenons la même réunion du lundi matin. Même situation. Même tension. Mêmes deux collaborateurs qui s'affrontent.

La différence, ce n'est pas que vous connaissez une technique de plus. C'est que vous avez déjà vécu ce niveau de pression dans un cadre d'entraînement. Votre corps le reconnaît. Votre mental ne part pas en vrille. Vous pouvez penser et agir  parce que vous n'êtes pas en train de subir une situation inconnue.

Vous êtes en terrain familier. Même si la situation est nouvelle.

C'est ça, la préparation mentale appliquée au management. Pas de la relaxation. Pas de la pensée positive. Un entraînement.

La question à se poser ce soir

La dernière fois que vous avez été vraiment sous pression,  pas une légère contrariété, mais une vraie pression avec des enjeux réels,  est-ce que vous avez piloté votre comportement et agi avec discernement, ou est-ce que vous avez réagi ?

La différence entre les deux n'est pas une question de caractère. C'est une affaire d'entraînement.

Philippe Leclair

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